Le SNISPV est un jeune syndicat,si l'on considère
qu'il est né peu de temps après la création en 1962 du corps
des vétérinaires inspecteurs qu'il représente.
Il y a eu d'abord le SNVIMA (syndicat national des
vétérinaires inspecteurs du ministère de l'agriculture) jusqu'en
1997. Ce SNVIMA naquit avec le corps des VI lui-même issu
de la fusion de plusieurs catégories d'agents publics. Il
y avait ceux venant du service d'inspection vétérinaire de
l'ancien département de la Seine, qui constituèrent longtemps
le noyau dur, car le plus structuré et solidaire, du nouveau
corps, les anciens vétérinaires municipaux, les vétérinaires
issus des colonies africaines et de l'outre-mer, et d'autres.
Ce syndicat eut d'abord fort à faire pour donner à cet ensemble
disparate une unité de ... corps et d'esprit. Y parvint-il
? Laissons en juge ceux qu'il servit.
Pendant des années, il constitua un petit groupe de pression
interne sans influence déterminante, sinon auprès de l'ancienne
direction des services vétérinaires (dénomination de la direction
d'administration centrale du ministère de l'agriculture de
l'époque), direction pas encore générale, de poids très relatif
dans un ministère entièrement tourné vers des objectifs de
développement économique de l'agriculture et de l'appareil
agro-alimentaire national, dans le cadre d'une co-gestion
étroite de l'agriculture avec la FNSEA.
L'histoire du SNVIMA est indissociable de quelques
événements qui laissèrent leur empreinte dans le paysage législatif
et administratif tout au long de ces dernières décennies.
Les faits les plus marquants de cette période sont :
la loi du 8 juillet 1965 d'abord, texte fondateur de
l'hygiène alimentaire moderne en tant que responsabilité
de l'Etat en terme de sécurité publique. Jusqu'à cette
date, le contrôle des denrées ne relevait pas de la compétence
exclusive de l'Etat, mais incombait, notamment dans la filière
viande, aux communes. Avec ses décrets d'application, elle
constitue encore le socle du dispositif dans ce domaine,
enrichie et complété du vaste ensemble des règlements européens.
en 1973, la création de l'école nationale des services
vétérinaires constitue une étape majeure de l'histoire
du corps en créant une filière spécifique de formation
et de recrutement des vétérinaires inspecteurs, en complément
des modes de recrutement direct par concours externe. Cette
nouvelle voie deviendra progressivement majoritaire et contribuera
à donner au corps un nouveau visage : celui d'un grand corps
de l'Etat.
en 1981 et 1982, les lois DEFERRE relatives à la décentralisation
et à la répartition des compétences entre un Etat recomposé
et des collectivités territoriales, départementales notamment,
en plein développement, arrachèrent contre toute logique
(la loi ne prévoyait de transférer les moyens que
pour autant que les compétences étaient elles-mêmes
transférées ; or en l'occurrence, aucune des compétences
des services vétérinaires de l'Etat n'étaient concernées
par ce transfert ; donc en toute légalité, les laboratoires
auraient du demeurer sous la responsabilité de l'Etat),
les laboratoires d'analyses, aux services vétérinaires,
pour en confier la gestion et la responsabilité aux conseils
généraux départementaux. Cette décision eut pour conséquence
immédiate d'affaiblir des services vétérinaires au moment
même où la société en pleine évolution commençait
à exprimer de nouvelles attentes dans de nombreux domaines
de compétence de nos services : protection de la santé publique,
protection de l'animal, protection de l'environnement.
en 1984, intervint à l'occasion d'une réorganisation
interne du ministère de l'agriculture, un événement majeur
pour les vétérinaires inspecteurs, l'adoption des décrets
de décembre 1984, qui plaçait des services vétérinaires
jusque là autonomes dans leur fonctionnement , sous la dépendance
matérielle et budgetaire des directeurs départementaux de
l'agriculture et de la forêt, provoqua un traumatisme profond.
Le choc brutal des cultures professionnelles , les multiples
contradictions internes de ces décrets, le sentiment
que les intérêts portés par les vétérinaires inspecteurs
en matière de protection de la santé publique étaient bradés
sur l'autel de la production économique à tout prix, créèrent
une grande confusion, un grand désarroi et contribuèrent
à radicaliser des fonctionnaires jusqu'alors essentiellement
préoccupés de remplir au mieux leurs missions professionnelles,
modérés dans leur comportement et plutôt ignorés de
leur propre ministère.