Depuis
longtemps, les hommes ont constaté, de façon empirique grâce
à l'observation, que les produits réputés comestibles pouvaient
s'avérer toxiques, que certaines maladies animales étaient transmissibles
à l'homme par les aliments, et que les conditions de préparation
et de conservation des denrées avaient une incidence sur leur salubrité.
Des
interdits alimentaires, quelques vérifications et certaines techniques
de conservation (salage, fumage ) tentaient de limiter ces risques tout en assurant
le ravitaillement des populations.
1791
Mais c'est en France
que, pour la première fois, en 1791, une loi de la République
confie la responsabilité de la santé publique aux Maires et
leur prescrit d'organiser une inspection systématique des animaux, avant
leur abattage, et des viandes. Les grandes villes, et notamment Paris, répondent
aussitôt à cette préoccupation : du fait de leurs connaissances
des pathologies animales, il est fait appel aux vétérinaires, issus
des récentes écoles de Lyon et d'Alfort.
1800
En
1800 est ainsi créé le service vétérinaire de la
Seine, chargé de retirer de la consommation les viandes dangereuses,
au moment de l'abattage des animaux, et dans tout le circuit de distribution.
Les autres villes françaises, et les pays étrangers, suivront cet
exemple.
Grâce à la collaboration étroite entre les
Ecoles Vétérinaires et l'équipe de Louis Pasteur, ces vétérinaires
deviennent des hygiénistes auxquels est confiée l'inspection de
l'ensemble des denrées d'origine animale (lait, ?ufs, produits transformés)
et de leurs conditions de préparation et de conservation.
1960
À
partir de 1960, les techniques frigorifiques bouleversent cette organisation.
Il devient plus facile et économique de transporter des produits finis
plutôt que des animaux vivants ou des matières premières.
Le transfert des centres d'abattage et de transformation dans les zones d'élevage
induit un renforcement de l'inspection sanitaire à ce niveau, en relation
avec celle, nécessaire, à la distribution.
Parallèlement,
l'Union Européenne est en construction. Les produits alimentaires seront,
comme les autres, appelés à circuler dans tout le grand marché
européen. Pour que la sécurité soit garantie et que la confiance
s'instaure, on décide d'harmoniser les réglementations. A
Bruxelles, les comités vétérinaires élaborent les
directives communautaires relatives aux échanges d'animaux et de denrées
d'origine animale, dont la première paraîtra en 1964.
Dans
le même temps, l'adaptation de l'organisation des services d'inspection
dans les états membres est examinée. En France, le service d'Etat
de la santé animale, les services départementaux des épizooties
et les services d'inspection municipaux sont fusionnés. Enfin, la formation
des vétérinaires officiels (vétérinaires inspecteurs,)
et des auxiliaires (techniciens des services vétérinaires) qui les
assistent, est harmonisée dans toute l'Union Européenne.
1993
Depuis
1993, la réglementation communautaire unifie les règles d'élevage
et de circulation des animaux des animaux de rente, les règles de production
et les critères microbiologiques pour toutes les denrées d'origine
animale, ainsi que les techniques d'inspection et de contrôle.
Aujourd'hui
?
200 ans après l'organisation des premières inspections
officielles, les risques sanitaires liés aux produits d'origine animale
ont considérablement évolué. De nouvelles méthodes
d'analyse des risques et de contrôles sont mises en place. Les préoccupations
en matière de bien-être des animaux, d'identification des animaux
et des produits qui en sont issus, de toxicité à long terme des
résidus de produits chimiques et celles relatives à l'environnement,
sont intégrées dans les missions des services vétérinaires.
La notion de santé publique vétérinaire se concrétise
enfin : "Produire sain, sans souffrance et sans nuisance"
Désormais,
sur l'ensemble du territoire national, les inspecteurs de la santé publique
vétérinaire exercent leurs compétences dans toutes les filières
d'élevage et d'agro-alimentaires des produits d'origine animale.